vendredi 26 septembre 2014

Bienvenue chez moi

Samedi 16 Août 2014

Après avoir détaillé en long, en large et en travers sur ce blog toutes les contrées lointaines de la Nouvelle-Zélande que j'ai eu la chance d'explorer, je me suis rendue compte que mis à part dans un de mes tout premiers articles, quelques jours après mon arrivée, je ne vous avais absolument pas parlé de la ou j'habite. Vu que je n'ai plus que quelques semaines à peine à y passer, il est temps d'y remédier, et de vous montrer un peu ou j'ai passé ces derniers mois.

Comme vous le savez surement (ou pas, d'ailleurs), ma famille d'accueil habite dans le nord d'Auckland, séparé du centre ville par l'Harbour Bridge. 


Quelque part entre Takapuna et Torbay, c'est chez moi. Enfin, plus près de Torbay que de Takapuna quand même. 

La côte entre Takapuna et Torbay (voire même un peu plus au nord) consiste en une succession de baies accolées les unes aux autres : Takapuna, Milford, Castor Bay, Campbells Bay, Mairangi Bay, Murrays Bay, Rothesay Bay, Browns Bay, Torbay et Long Bay. Plutôt que de les considérer séparément, ces baies sont toutes regroupées sous le nom d'East Coast Bays, et ont en commun les centres sportifs et culturels.

Il est possible de toutes les parcourir le long d'un sentier côtier, bien que je ne l'ai jamais fait (parce que bon, ça fait quand même 15km aller simple, et c'est pas tout plat). En revanche, j'en ai fait quelques unes à pied, et (pour votre plus grand plaisir, j'en suis sure) j'ai pris des photos!

On commence par les 3 plus proches de chez moi, Rothesay Bay, Browns Bay et Murrays Bay. Ceci dit, comme vous savez pas ou c'est, je vois pas trop pourquoi je vous donne les noms, il y a quand même peu de chances pour que ça vous parle. 


Ah, oui, petites précisions quand même : comme pour toute promenade, je n'ai fait que marcher le long de la côte, ce qui en soit n'a rien de super excitant et ne vaut probablement pas la peine d'être raconté en détails, sous peine d'un article ennuyeux à mourir. Du coup, il y aura beaucoup, mais alors beaucoup plus de photos que de blabla dans cet article. En même temps, ça vous évitera mes blagues nulles et mon grand n'importe quoi, donc c'est pas plus mal.
Et deuxième chose, la météo ce jour là n'était pas extraordinaire (parce que oui, j'ai un don pour sortir me promener au moment exact ou les nuages arrivent et ou la pluie commence à tomber), donc la luminosité des photos n'est pas terrible. Ce qui serait vraiment dommage si j'étais un tant soit peu douée en photographie, et si j'y connaissais quelque chose en luminosité, mais ce n'est pas le cas. C'est juste que je trouvais que ça faisait bien de le préciser. 


Globalement, East Coast Bays, c'est des quartiers de riches. Avec des maisons pleines de vitres partout pour pouvoir voir la mer tout le temps. 



Et en plus, y a des ajoncs, à Murrays Bay. Moi qui était persuadée que c'était une spécialité bretonne...



Le problème de Rangitoto (l'île pointue à l'arrière-plan), c'est que comme elle est située en plein milieu du port d'Auckland, on la voit d'absolument partout, et comme elle est quasi parfaitement ronde, elle a l'air exactement pareil quelque soit l'endroit depuis lequel on la voit. Ce qui fait que toutes les photos ont exactement la même tronche. 




Voilà, à côté de chez moi, c'est plein de petites maisonnettes très modestes comme ça. Mais non, celle dans laquelle j'habite ne ressemble pas à ça. 





Dimanche 24 Août 2014

Cette fois-ci, petite promenade avec ma famille d'accueil entre Murrays Bay et Mairangi Bay (encore une fois, je sais pas pourquoi je vous donne les noms, ça ne va absolument rien vous évoquer, les deux sont tellement petites que même les gens à Auckland n'ont parfois aucune idée de l'endroit ou ça se trouve).
Pas de grand changement, surtout des photos et peu de blabla. La seule différence c'est que ce jour là il faisait vraiment beau (et chaud), du coup cette histoire de luminosité est réglée (mais c'était pas super impactant sur le premier lot de photos, et ça l'est toujours pas ici). 





J'aurais dû compter le nombre de photos avec Rangitoto en arrière plan qu'il y a dans cet article (mais je vais pas le faire, parce que j'ai la flemme). La vérité, c'est que cette île, elle est absolument partout. Tout le temps, ou qu'on aille à Auckland, on la voit. Partout, je vous dis. 


Et voilà, ma brève présentation des East Coast Bays est à présent terminée. Maintenant qu'il ne me reste que deux semaines à y passer, vous savez ou j'habite. Si c'est pas beau, ça!

Je pars en vacances cette semaine et je ne rentre que dimanche prochain, donc je ne sais pas trop comment je vais faire pour poster mes articles à temps. Ceci dit, soyons honnêtes, je n'ai absolument jamais posté mes articles à temps, donc ça va pas être un grand changement.

Bref, sur ce, je pense très fort à vous et vous fais de gros bisous,

A très bientôt,

Coink'

 "The first step towards getting somewhere is to decide that you are not going to stay where you are." 
–Unknown

Ka Mate! Ka Mate! Ka Ora! Ka Ora!

On le sait tous, la Nouvelle-Zélande, si c'est connu en France (et dans le monde), c'est globalement pour trois choses : le mouton, le Seigneur des Anneaux, et le rugby. Je vous ai montré des photos du premier, vous ai parlé du deuxième dans à peu près chacun des articles sur ce blog, il est temps de s'attaquer au troisième. Tenez-vous prêt, je vous emmène au pays des dieux du ballon ovale!

Vendredi 23 mai 2014

Commençons avec un match d'équipes locales, dont vous n'avez probablement jamais entendu parler : les Blues contre les Sharks! Oui, je sais, vous n'êtes pas beaucoup plus avancés. Petite leçon sportive du jour, donc.
Les Blues, c'est l'équipe d'Auckland. En France, on fait les choses simplement, et dans les 3/4 des cas le nom de la ville est dans le nom de l'équipe, ce qui aide quand même pas mal à se repérer. Ici, ils ont décidé de faire dans l'originalité, et de prendre des noms qui n'ont aucun, mais alors aucun rapport avec la région dont ils viennent. On a donc, du nord au sud : les Blues d'Auckland, les Chiefs d'Hamilton, les Hurricanes de Wellington, les Cruisaders de Christchurch, et les Highlanders de Dunedin. Facile, hein?
Ces 5 équipes participent tous les ans au Super Rugby, un championnat qui existe depuis 1986, et qui a changé de nom de nombreuses fois pour devenir Super 15 en 2010 (tout simplement parce qu'avant il n'y avait pas 15 équipes). Ce championnat oppose donc ces 5 équipes Néo-Zélandaises, plus 5 équipes Australiennes et 5 équipes Sud-Africaines. Je vais pas détailler les équipes australiennes et sud-africaines, parce que je vois pas très bien en quoi ça vous intéresserait (mais si vous êtes vraiment avides d'informations, je vous épargne la lourde tâche d'aller chercher sur google : http://fr.wikipedia.org/wiki/Super_15. Voilà, ma B-A de la journée). La seule autre équipe qui compte ici, en l'occurrence, c'est les Sharks, une équipe sud-africaine basée à Durban (pour le côté géographie : ville d'Afrique du Sud située dans la province du KwaZulu-Natal au bord de l'océan Indien, intégrée dans la municipalité métropolitaine d'EThekwini, avec un tas d'autres villes aux noms tout aussi imprononçables).

Donc voilà, premier match de rugby en Nouvelle-Zélande (après 7 mois, il était temps!), il fait froid, il pleut à moitié, et je ne connais pas les équipes qui jouent, mais c'est génial quand même!
Le match a eu lieu au QBE stadium, le stade de la côte Nord d'Auckland, à 10 minutes de chez moi. Alors c'est pas l'Eden Park, et c'est pas surpeuplé. Il n'empêche que la moitié des habitants de la côte Nord étant des sud africains expatriés, il y a des supporters pour les deux camps, et du coup il y a aussi une ambiance de dingue. En plus, les Blues sont venus avec 
des pompom girls, et avec leurs mascottes, deux types déguisés en pirates. Malheureusement, les encouragements des mascottes n'auront pas suffit, ils ont perdu 23 à 29. 


Du 2 au 20 juin 2014 - IRB junior World Cup

Elle était à Vannes l'année dernière, cette année, la coupe du monde de rugby des moins de 20 ans a eu lieu à Auckland! (Alors non, je ne les suis pas, promis! D'ailleurs, l'année prochaine ça sera en Italie, et à priori je n'y serai pas.)
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, le principe est simple : un championnat international avec 12 équipes, qui s'affrontent comme pour la vraie coupe du monde, sauf que les joueurs ont tous moins de 20 ans. Du coup, ça donne des images assez drôles, surtout quand ils mesurent 1m95, pèsent une centaine de kilos, et ont encore des têtes de petits garçons.

Les équipes étaient divisées en trois poules pour les matchs de sélection, avec en poule A, Angleterre, Argentine, Australie et Italie, en poule B, Fidji, France, Irlande et Pays de Galles, et en poule C, Samoa, Ecosse, Afrique du Sud et Nouvelle-Zélande. 

Le premier match auquel j'ai assisté, le 2 juin, opposait l'Irlande à la France. L'occasion parfaite pour jouer les chauvines.



Match qui s'est soldé par une victoire des Français, 19 à 13. Bon, par contre ils ont perdu contre le Pays de Galles et ne se sont pas qualifiés pour la demi-finale, contrairement aux Irlandais. 




Après avoir rempli mes devoirs de citoyenne française en étant allé encourager les bleus, j'ai assisté aux demi-finales du tournoi, le 15 juin.
La première demi-finale a opposé l'Angleterre à l'Irlande, et s'est soldée par une victoire de l'Angleterre 42 à 15. Oui, ça fait mal. 


La deuxième demi-finale, c'était Nouvelle Zélande contre Afrique du Sud, et l'Afrique du Sud a gagné 32 à 25, malgré un début de match plutôt serré! 

Si, si, l'équipe à gauche c'est l'Afrique du Sud. Je sais, je suis une championne du cadrage. 

En fait, le plus drôle, dans ce match, c'était pas le match en lui-même, c'était le fait qu'il faisait tellement froid dehors, et que les joueurs avaient tellement chaud, qu'ils fumaient littéralement. Sérieusement, ils n'auraient pas fumé plus si on les avait mit sur un barbecue géant. Ce que personne n'a fait bien sûr, puisque comme chacun le sait, brûler les gens, c'est mal.

Vous l'aurez compris, la finale (à laquelle je ne suis pas allée) a opposé l'Angleterre et l'Afrique du Sud, et a été remporté par l'Angleterre pour la deuxième année consécutive.

Samedi 07 juin 2014

Pour finir cet article sportif, impossible de parler de rugby en Nouvelle-Zélande sans mentionner les All Blacks!

Passer un an en Nouvelle Zélande sans aller voir jouer les All Blacks, c'était quand même inconcevable. Alors, quand, pour mon anniversaire, ma famille d'accueil m'a (entre autres) offert un billet pour aller les voir jouer face à l'Angleterre, à l'Eden Park, j'ai quand même du regarder le ticket une bonne centaine de fois pour être sure que c'était pour de vrai.

Et un match All Blacks-Angleterre à l'Eden Park, ça ressemble à ça :

D'abord, un échauffement, ou je suppose que chacun fait un truc précis et utile, même si, quand on regarde, on a un peu l'impression  que c'est du grand n'importe quoi,



Ou bien qu'ils font la sieste (ou un cours de yoga, je sais pas trop)


Après, on chante les hymnes, et là, c'est drôle, parce que la première moitié de l'hymne néo-zélandais est en maori, donc personne ne connait les paroles. Du coup ça fait une espèce de bouillie de mot marmonnés plus que chantés au début, et quand on arrive à la partie en anglais tout le monde se réveille et se met à chanter d'un coup. 


Ensuite, y a des effets pyrotechniques dignes d'un concert de Johnny (qui, soit dit en passant, ont failli me causer une crise cardiaque. C'est vrai, quoi, quel genre de personne décide d'un coup d'allumer des flammes de 10 mètres de haut tout autour du terrain sans même prévenir avant?)


 En plus, ils en étaient tellement fiers, de leurs flammes, qu'ils ont décidé de les remettre après le haka, et à chaque fois que la Nouvelle-Zélande marquait un essai. Heureusement qu'ils n'en ont marqué qu'un dans le match!




Pas de chance pour l'Angleterre, beaucoup de leur meilleurs joueurs étaient blessés, ce qui ne leur a pas facilité la tâche. Cependant, ils se sont bien battus, et les All Blacks, invaincus à l'Eden Park depuis 20 ans, ont eu du mal à mener le jeu. A tel point que le seul essai du match n'a été marqué qu'à la 78ème minute, laissant la victoire (20 à 15) aux Blacks. Il y a donc eu de l'action, une issue incertaine tout le long, et une ambiance absolument dingue dans les gradins. Absolument dingue, j'ai vraiment pas d'autres mots.
Je vous aurai bien posté la vidéo du haka filmée par mes soins (incluant image tremblotante et floue, son complètement naze, et vidéo coupée avant la fin - rapport à mon sursaut quand les flammes sont arrivées-), mais Blogger n'a pas l'air d'accord. Remarquez, vous l'aurez compris, vous ne ratez pas grand chose. Du coup je vous mets le même, filmé le même jour et tout, mais en version professionnelle :   




Voilà voilà. Vous vous en douterez, à en juger par la qualité de mes photos, mon avenir ne sera certainement pas en tant que photographe sportive professionnelle. Quelle déception.
Me rendant compte que le temps qu'il me reste ici file à grande vitesse, je vais essayer de boucler un maximum d'article pour que tout soit fini avant que je rentre (ce qui va être difficile, vu le retard que j'ai pris).

En attendant je vous fais des bisous, et comme d'habitude, je pense à vous.

A très bientôt,

Coink'

“Life has many ways of testing a person’s will, either by having nothing happen at all or by having everything happen all at once”
 – Paulo Coelho



lundi 8 septembre 2014

Do you wanna build a snowman?

Samedi 03 Mai 2014

Aujourd'hui, journée sportive qui s'annonce! En effet, j'ai quitté Auckland la veille avec un groupe d'une quinzaine de personnes, dont une dizaine d'Au Pair, en direction du Tongariro National Park dans le centre de l'île du Nord.

Le Tongariro National Park a été le premier parc national créé en Nouvelle-Zélande, et le quatrième dans le monde. Il s'étend sur une superficie de 79 598 hectares,  et comprend trois volcans : le mont Ruapehu, le mont Tongariro et le mont Ngauruhoe. Si il est aussi connu, c'est en partie parce que c'est un haut lieu des sports d'hiver dans l'île du nord, avec des stations de ski très fréquentées de juin/juillet à août/septembre. Mais c'est aussi et surtout parce que c'est dans ce parc qu'est situé le circuit de la randonnée la plus célèbre de Nouvelle-Zélande, j'ai nommé le Tongariro Alpine Crossing! 
20km de randonnée, entre 7 et 9h de marche, des dénivelés de 900 mètres... Une vraie promenade de santé, quoi... 
Le Tongariro Alpine Crossing étant considéré comme l'un des plus beaux treks d'une journée, c'est une activité touristique extrêmement populaire dans le pays. Seulement, c'est aussi une zone volcanique active (dont la dernière éruption date de 2012 - il y a d'ailleurs, fait extrêmement rassurant, des panneaux un peu partout à proximité des volcans avec les procédures à suivre en cas d'éruption surprise, à savoir courir le plus rapidement possible vers le bas de la montagne en essayant de ne rien se casser, au cas où vous vous poseriez la question).
De plus, la météo dans le Tongariro National Park est très aléatoire, et peut passer en à peine quelques minutes d'un grand soleil à une tempête de vent et de pluie, raison pour laquelle les hélicoptères de secours sont souvent sollicités pour venir en aide à des touristes n'ayant pas prévu d'équipement nécessaire pour de mauvaises conditions météo, ou bien ayant été assommés par une chute de pierres due au vent, ou bien tout simplement ayant surestimé leur condition physique et se trouvant coincés sur le circuit. Parce que oui, l'inconvénient du Tongariro, c'est que ce n'est pas une bouclé, et qu'après les deux premiers kilomètres, il n'y a plus possibilité de faire demi-tour, donc obligé de continuer! 
Ceci dit, j'en fais un peu un scénario catastrophe, mais en étant préparé et avec un équipement adéquat, les risques sont quand même minimes. Mais ça reste quand même ultra, ultra physique. 

Nous avons commencé la randonnée, motivés et dynamiques, à 9h30. Il faisait un froid glacial, avec un vent super fort que je sentais malgré mes 5 (oui, 5!) épaisseurs de vêtements. En effet, le Tongariro est le point le plus éloigné des côtes sur la Nouvelle-Zélande, et en général le climat s'en fait ressentir. C'est souvent là-bas que sont enregistrées les températures minimales en hiver.
Pour la petite histoire, mon groupe est composé, entre autres, de 3 brésiliens, et d'un russe. Je ne sais pas si c'est parce que ces 4 là avaient décidé de confirmer tous les clichés, ou si c'est autre chose, mais quoi qu'il en soit, là ou tout le monde avait bonnet, écharpe et doudoune, le russe (chauve, en plus!), a passé la journée en T-shirt. Normal. Les brésiliens, quant à eux, avaient minimum 2 épaisseurs de plus que tout le monde, et passaient leur temps à se plaindre du froid. Le choc des cultures.
 


Autre point qui fait que le Tongariro National Park est aussi connu : il a servi de décor au Mordor, dans le Seigneur des Anneaux. Donc randonnée difficile ou pas, vous l'avez compris, il fallait que je la fasse. Le seul souci, c'est que la météo de cette matinée n'est pas terrible, et que comme on est coincés dans un épais brouillard, on ne voit pas à 100m. Mais bon, l'idée est là, quand même.



Très vite, le groupe se sépare, chacun prenant son rythme de marche. Les deux premiers kilomètres sont plutôt tranquilles : c'est quasiment plat, les quelques montées sont très rapides à faire, ça avance tout seul. On commence même à se dire que si c'est facile, comme ça, tout le long, on va vite la finir, cette randonnée! Grossière erreur. 

Arrivés à deux kilomètres, on tombe sur un panneau, qui nous dit que si on est trop fatigués, c'est le moment ou jamais de faire demi-tour. Seulement, après 2km de quasi-plat, on n'est évidemment pas fatigués du tout, alors on continue. Sauf que à peine trois minutes plus tard, ça commence à monter, et ça monte plutôt sévère!


Je sais, là-dessus, c'est pas flagrant, je vous l'accorde. Va falloir me croire sur paroles! (ou prendre un avion pour la Nouvelle-Zélande et venir tester, aussi, c'est vous qui voyez!)

Après quelques mètres de montée, je commence à remarquer quelques flocons de neige à côté du chemin, de temps en temps. Quelques mètres plus tard, les 2-3 flocons se sont transformés en bons centimètres qui entourent la piste.


Et encore quelques mètres plus haut, la neige recouvre également le chemin. La petite (oui, bon, d'accord, la grande) Bretonne que je suis n'étant pas habituée à la neige, à ce point-là, je me dis que ça en fait beaucoup, quand même. Ha. Haha. Hahaha. 


Sauf que non, ça, c'était rien. Au bout du quatrième kilomètre, j'arrive là : 


Puis là :


Que du blanc. Du blanc partout. Apparemment, à ce point là, j'était sur un plateau entre deux montagnes, mais avec le brouillard je ne voyais strictement rien à part du blanc. En plus, comme monter jusque là m'a globalement pris une quinzaine d'années, j'étais toute seule derrière le groupe, donc c'était super silencieux. Blanc et silencieux. Un peu comme le Pôle Nord, en fait (enfin, en vrai j'en sais rien, j'y suis jamais allée, au Pôle Nord).

Après de longues heures de marche (arrivée à un certain moment, j'ai arrêté de compter, parce que savoir combien j'avais marché c'était aussi savoir combien de temps il restait avant d'arriver, et comme là j'avais pas encore fait la moitié, c'était plus démotivant qu'autre chose), on arrive enfin à une hauteur raisonnable. Ou du moins assez haut pour ne plus être dans le brouillard, et avoir un aperçu du décor. Et d'un seul coup, en voyant ça, on en a plus rien à faire, des heures de souffrance qu'on vient d'endurer. 


Devant vos yeux ébahis, voici le mont Ngauruhoe, alias la Montagne du Destin. Il est possible de grimper au sommet, mais il faut rajouter 2h de marche au moins, et c'est conseillé uniquement aux grimpeurs entrainés. Autant dire que moi qui galérais déjà sur les randonnées classées faciles dans les Alpes avec ma famille, je ne me sens pas concernée. 






Là, on voit déjà plus que ça grimpe. Ce qu'on voit moins, c'est la neige fondue et le verglas sur le sol. Y a pas à dire, la neige ça rend tout 100 fois plus spectaculaire, mais ça rend aussi tout beaucoup plus glissant. Ceci dit, toutes les photos publicitaires que j'avais vu du Tongariro Alpine Crossing ont été prises en été, donc sans neige, et c'est comme ça que la plupart des gens le voit. Du coup, même si ça a été plus difficile, je suis bien contente de l'avoir vu enneigé, parce que c'est tellement plus joli!


Et voilà, de quoi se croire en plein milieu d'un film. A ce moment-là, dans ma tête, c'était un mélange entre "Frozen", "le Seigneur des Anneaux" et un film de Noël. Oui, je sais, c'est assez inattendu comme mélange...

La bonne nouvelle, arrivées là, c'est que quand on a fini de monter, il y en a encore! Et oui, le Tongariro crossing, c'est aussi ça : beaucoup de fausses joies en se disant que "allez, après cette montée-là, on est au sommet!" pour se rendre compte que non, en fait ça continue. Au bout d'un moment, quand même, on atteint le sommet du mont Tongariro, à 1978 mètres d'altitude.
 



Après une pause "photos panoramiques" au sommet, nous descendons (enfin!), toujours dans la neige, pour s'arrêter manger à côté d'un des lacs du parc, le Lac Emeraude (oooooh c'est beauuuu!).



Après un petit repas bien froid (je sais pas si vous avez déjà essayé de pic-niquer dans la neige, mais si non, continuez comme ça, je vous assure que vous ne ratez rien), nous nous remettons en route, pour parcourir la deuxième moitié avant la tombée de la nuit. La bonne nouvelle? Après avoir eu une petite descente juste avant, on est reparties pour une montée!



Ca y est, ça a été difficile mais la dernière montée du trajet est dernière nous. Nous sommes maintenant au bord de l'autre lac du parc, le Lac Bleu (oui, c'est moins original et poétique comme nom...).


Donc vous l'avez bien compris, on a fini de monter. Ce qui veut dire qu'à partir de maintenant, on va descendre. Non-stop. Pendant les 10 derniers kilomètres. Heureusement, à partir du 11ème ou 12ème kilomètre, la neige se fait de plus en plus rare, et disparaît même complètement aux environs du 13ème kilomètre. 



En descendant, on arrive même à voir de la fumée sortant d'un volcan au loin. Et oui, ça sent mauvais, très mauvais.



Oui, le truc marron-gris qui serpente dans les collines, c'est le chemin qu'on doit suivre. Et non, ce ne sont pas plusieurs routes au choix, c'est la même, et il va falloir faire tout ça. Jusqu'au bout.
Je vais être honnête, après m'être plainte pendant la montée, je peux vous dire que 10km de descente sans pause pour finir c'est beaucoup plus difficile que la montée, surtout pendant les deux dernières heures. A tel point que sur la fin, plus personne ne parlait, plus personne ne souriait, plus personne ne râlait, on ne faisait que marcher, un peu comme des robots.
Je crois que le pire, ça aura été de voir un banc avec des panneaux indicateurs au détour du chemin, d'y voir un signe que tout était bientôt fini, et de se rendre compte à la lecture des panneaux qu'il restait 45 minutes de marche avant l'arrivée.
Alors oui, 45 minutes, sur 7 ou 8h, c'est pas tant que ça, et sans l'avoir fait on pourrait s'imaginer que c'est plutôt bon signe d'être presque à la fin. Sauf que là, justement après avoir marché 7 ou 8h, à force d'avoir les pieds en feu à chaque fois qu'on les pose par terre, le dos fatigué par le port du sac, la bouteille d'eau complètement vide, et (dans mon cas), les genoux en bouillie complète, cette fausse joie ça a été une douche froide pour ma motivation. Ce qui m'a rassurée après, c'est que quand j'en ai discuté avec tous mes autres camarades randonneurs, j'ai compris que ça avait été un coup dur pour eux aussi! Ce qui a rajouté à la difficulté, c'est que les 2-3 dernières heures de marches ont lieu en plein milieu d'une forêt d'arbres natifs, palmiers, fougères et autres végétaux rigolos. Mais du coup, les paysages sont beaucoup moins diversifiés, et beaucoup moins prompt à détourner l'attention de l'effort fourni.
Ces 45 dernières minutes, je n'ai toujours aucune idée de comment je les ai parcourues. Je boitais plus que je ne marchais, j'avais des larmes aux yeux parce que physiquement je n'en pouvais plus, et j'avais mal absolument partout. En permanence, j'avais cette petite voix dans ma tête qui me disait que le plus simple, ce serait de m'allonger dans un coin, au bord du chemin, et de me mettre à pleurer en attendant que quelqu'un ne vienne me chercher. Allez savoir comment et pourquoi, je ne l'ai pas fait, et le seul moment ou j'ai pleuré c'est de soulagement, en atteignant le parking et en me rendant compte que tout était fini.
Le retour vers l'hôtel  dans le car  s'est fait dans un silence absolu. Personne ne dormait, mais personne n'avait plus d'énergie pour parler non plus, alors on s'est tous affalés dans nos sièges, et on a savouré le plaisir d'être assis.

Dimanche 05 Mai 2014

Le réveil ce matin à été rempli de courbatures pour tout le monde, et d'ampoules pour les moins chanceux d'entre nous (dont je ne fais pas parti *ode à mes chaussures de marche*).
Avant de repartir sur Auckland, nous nous sommes arrêtés pour prendre quelques photos du parc vu de loin. Et comme ça, ça fait un peu bizarre ce se dire que c'est là-bas qu'on était, hier!



Et ça, c'est l'image typique d'un road-trip en Nouvelle-Zélande. Ça fait rêver, hein? 


Pour conclure (parce que oui, maintenant je fais des conclusions dans mes articles, comme pour une dissert' de philo mais avec un sujet moins intelligent), le Tongariro Crossing, c'est dur, vraiment très dur. En tout cas, assez dur pour m'avoir poussé au bout de mes limites physiques et mentales (mais pour être juste, il faut bien avouer aussi que les miennes sont plutôt facile à atteindre, je ne pense pas annoncer un scoop en disant que ma relation avec le sport est absolument non-existante).
Ceci dit, les paysages qu'on a la chance de voir pendant la randonnée valent très largement le coup, et la fierté qu'on ressent à l'arrivée aussi. Pour preuve, j'ai mis au moins 6 ou 7 jours à m'en remettre entièrement, à ne plus ressentir aucune courbature et à pouvoir bouger les genoux à peu près normalement, et je me rappelle comme si c'était hier d'à quel point j'ai souffert pendant les dernières heures. Et pourtant, le Tongariro Crossing se classe sans aucun problème dans le top 5 des activités que j'ai préféré ici, et si c'était à refaire, je signerai sans hésitation.

Je vous fais des gros bisous et je vous dit à très bientôt,

Coink'


"There will come a time when you believe everything is finished. That will be the beginning." 
–Louis L’Amour

vendredi 15 août 2014

Nicole Kidman et mobylette

Jeudi 25 avril et Vendredi 26 avril 2014

Après être arrivées à Canowindra en début de soirée la veille, je commence la journée en découvrant les environs.
La famille de Michelle et Kate possède une ferme située à quelques kilomètres en dehors de la ville (enfin, du village). Avant qu'on n'arrive, les filles m'avaient précisé que c'était une petite ferme, et qu'il ne fallait pas que je m'attende à un truc trop grand. Je me suis vite rendue compte qu'on ne devait pas avoir la même notion de "petit" : leurs terrains recouvrent plusieurs hectares, et ils possèdent un troupeau de 2000 moutons (3000 et quelques en comptant les agneaux qui sont nés cette année), plus une vingtaine d'alpagas, et une trentaine de vaches. Un truc modeste, quoi...

Mon appareil photo m'a lâché pendant toute la journée du jeudi, du coup je n'ai pas pu prendre de photos quand nous sommes allées faire le tour du troupeau, jeudi matin. Comme cette période correspondait à la naissance des petits, le père de Michelle et son associé sont obligés d'être d'autant plus présents auprès du troupeau, et d'aller faire le tour entier de la propriété tous les matins au lever du soleil et tout les soirs avant le coucher du soleil, afin de vérifier que tout va bien, et surtout que tous les agneaux sont auprès de leur mère.

Jeudi matin, après un petit-déjeuner de fête (Bacon et œufs brouillés au réveil. Ça fait parti de tous ces trucs auxquels je ne pensais pas m'habituer, et finalement, je n'imagine plus une semaine sans...), nous partons découvrir la "ville" de Canowindra. 






Grosse ambiance, à Canowindra. Non, plus sérieusement, c'est un peu le genre de ville qu'on voit dans les séries américaines, sauf que c'est pas aux USA. La ville qui a été fondée par une seule famille, dans laquelle quasiment tous les descendants de la famille habitent encore, et ou tout le monde connait tout le monde, parce qu'ils sont quasiment tous cousins (et là, ça sonne un peu malsain, mais je vous rassure, pas de consanguinité, ils ne se marient pas tous entre eux, c'est juste qu'ils reviennent habiter dans la ville ou ils ont grandi une fois qu'ils se sont mariés).
En l'occurrence, la famille qui a fondé Canowindra (ou du moins une très grande partie de la ville), elle s'appelle Finn, et ce sont les ancêtres de Michelle et Kate. D'ailleurs, dans le café de la ville, fondé par le premier monsieur Finn, on peut trouver un arbre généalogique de la famille, dans lequel se trouve le papa de Michelle et Kate. Encore plus fort, sur ce même arbre généalogique, se trouve juste l'actrice australienne la plus célèbre au monde, Nicole Kidman. Rien que ça. Michelle et Kate sont donc les cousines (très) éloignées de Nicole Kidman (en gros, elles ont les mêmes arrière-arrière-arrière-grand parents. Truc de fou). D'ailleurs, Nicole Kidman était à Canowindra quelques semaines avant les vacances de Pâques, pour le tournage d'un de ses nouveaux films, "Strangerland". Au cas ou l'un de vous décide de se passionner pour l'arbre généalogique des Finn et de Nicole Kidman : http://www.canowindraphoenix.com.au/stranger-than-strangerland-nicoles-family-links-with-canowindra/.


Le bon point aussi d'être venue à cette période là, c'est qu'en plus de voir des agneaux gambader gaiement dans les prés, c'était aussi le moment du "Balloon Challenge", une compétition de montgolfière qui se tient là-bas tous les ans. Et c'était joli!

(Je le précise quand même, cette photo n'est pas de moi, vu que j'étais au sol et pas dans les airs. Mais c'est quand même plus sympa vu de ce côté là!)

Vendredi, il a été temps de m'initier à la moto. Oui, à la moto. Bon, pas une Harley Davidson, ni rien, juste une petite moto de ferme, un truc minuscule, mais déjà assez impressionnant pour moi qui ait globalement du mal à comprendre comment un truc à uniquement deux roues peut être stable. J'aurai dû garder les petites roulettes sur mon vélo, en fait...
Bref, initiation à la moto, et des début plutôt chaotiques. J'avance à 10km/h maximum, je prends mes virages hyper larges de peur de finir par terre... Une catastrophe, quoi.
Et puis après une dizaine de minutes de galère, je commence à avancer plus facilement. Tellement plus facilement que quand Michelle me propose de faire un tour de la ferme à moto, moi, je dis oui. Sauf que voilà, n'est pas champion de moto qui veut, et 20 minutes plus tard, au milieu de leur terrain, j'essaie de passer la quatrième quand la moto fait une embardée et accélère... Mais sans moi dessus. Ce coup là, ça va, j'arrive à rester debout, et à ne pas perdre l'intégralité de ma dignité (mais un peu quand même, parce que faut l'avouer c'était bien ridicule). Du coup, je remonte en selle, persuadée d'avoir compris le coup, sauf que non. 10 minutes après, même problème, j'essaie de passer la moto à la vitesse suivante, et moi je ne suis toujours pas le mouvement... Et fait un magnifique vol plané digne des plus grands épisodes de vidéo gag. Ça y est, là, niveau dignité, il ne reste absolument plus rien. En même temps, l'avantage c'est que le fait d'imaginer ma chute d'un point de vue extérieur me fait encore mourir de rire, même 4 mois plus tard!

Du coup, après avoir enfin compris que la moto, c'était pas pour moi, je décide d'aller avec Michelle et son père faire le tour de la ferme (et accessoirement couper du bois pour le feu de camp de la soirée), mais en voiture, cette fois-ci. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont un joli terrain!





Après ces deux journées chargées, il est temps de se "détendre" autour d'un feu de camp (détente pour les autres, stress ultime pour moi, y avait quand même des flammes qui montaient plus haut que ma tête). Mais bon, relativisons, j'ai sauté à l'élastique, je peux bien rester à côté d'un feu de camp. Enfin, pendant au moins 3 minutes. Impressionnant.
Voilà, c'est ainsi que s'achève la dernière soirée de mon aventure australienne. Et si je suis sure d'une chose, c'est qu'après cette semaine de rêve, l'Australie, je ferai tout pour y retourner!


Encore une fois, désolée pour le temps que cet article m'a pris, je dois avoir de vrais soucis de régularité... 
Quoiqu'il en soit, j'essaye de vous écrire la suite très rapidement, et je pense très fort à vous.

A très bientôt,

Coink'


"Find what you love, and let it kill you"
-Charles Bokowski