vendredi 10 octobre 2014

Sous un ciel étoilé

Mardi 30 Septembre 2014

Aujourd'hui, premier jour de vacances hors d'Auckland!

Laure-Anne et moi nous réveillons aux aurores (à 6h15 quoi), car nous partons pour un tour à la journée, et le bus quitte le centre d'Auckland à 7h30.

Après un petit coup de pression en arrivant au bus, parce que le chauffeur ne nous avait pas sur sa liste (en fait c'est juste parce qu'on est pas allées s'enregistrer au comptoir avant, apparemment), nous partons enfin, armées de magnifiques stickers jaunes qui ne collaient pas et qu'on a passé la journée à essayer de remettre en place. 


On commence le tour direction Waitomo, quelques heures au sud d'Auckland. 


Cette région, tout comme une très très grande partie de l'île du Nord, est recouverte de collines et de prairies toutes vertes, avec des troupeaux de moutons un peu partout. Pas étonnant que ce soit le lieu choisi par Peter Jackson pour filmer Hobbiton! (Un jour, peut-être, j'arrêterai de vous parler du Seigneur des Anneaux. Ou pas!)




Si Waitomo et sa région sont connues, c'est notamment parce qu'on y trouve un réseau de grottes souterraines, qui forment une des plus grandes attractions touristiques du pays. Waitomo, en Maori, vient de "wai" (eau) et "tomo" (trou), en gros eau dans un trou. Oui, pour le côté signification mystique et mystérieuse, on repassera...

Il n'y a pas le droit de prendre de photos dans les grottes, donc toutes celles qui vont suivre sont tirées d'internet!


Alors certes, vu comme ça, c'est juste des grottes, y a rien de plus que des stalagtites, et des stalagmite, et en plus dedans c'est noir et humide. Pas de quoi en faire tout un plat.
Sauf que si, justement, parce que en plus, dans les grottes de Waitomo, il y a des glowworms (Arachnocampa luminosa, une espèce endémique à l'Australie et la NZ, si vous voulez faire comme moi et jouer les cultivés). Ce que ces glowworms ont de particulier, c'est qu'ils génèrent une bioluminescence, particulièrement au stage larvaire, comme des vers luisants. A la fin du stage larvaire, les mâles ne produisent quasiment plus de lumière, tandis que les femelles brillent plus qu'avant, pour attirer leurs partenaires. Ces glowworms passent la majorité de leur vie en tant que larves (jusqu'à 12 mois). Une fois adultes, leur espérance de vie n'est plus que d'une quinzaine de jours, car ils ne se nourrissent plus. Leur unique but est donc procréer, et ils mourront juste après la ponte des œufs. Pas facile, la vie de glowworm.

Si la lumière produisent par les adultes est majoritairement un caractère sexuel, chez les larves, c'est une façon d'attirer leurs proies. Elles se nourrissent de moustiques, mouches, et autres petits insectes, qu'elles emprisonnent dans un piège qu'elles ont tissé à partir d'un mélange de soie et de mucus. Parfois, des comportements cannibales peuvent survenir, notamment en cas de haute densité de population, ou bien quand l'un d'entre eux s'enroule lui-même dans le piège après l'éclosion (oui, parce qu'en plus d'avoir une vie pourrie, un glowworm, c'est un peu con).

Pour les intéressé(e)s, (on sait jamais, il pourrait y avoir des passionnés de biochimie et d'enzymologie parmi vous), la lumière émit par les glowworms provient d'une réaction enzymatique, dont le substrat est la luciférine, et l'enzyme, la luciférase, de l'ATP (Adénosine Triphosphate, ou molécule fournissant l'énergie), et de l'oxygène. La réaction aboutit à la formation d'oxyluciférine, comme bien sûr chacun le sait, et à l'émission de photons.

Je sais, le paragraphe "cours de SVT" ne va probablement pas en intéresser beaucoup, mais après 3 ans en fac de bio, je pouvais difficilement éviter le sujet...

Ceci dit, une fois dans les caves en elles-mêmes, ce qui fascine, ce n'est pas le cycle de vie du glowworm, ni les mécanismes qui font que ça brille. Non, ce fascine, c'est tout simplement à quel point c'est joli.
C'est bien simple, on marchait dans la grotte, quand on est arrivés dans une partie dans laquelle il faisait presque tout noir, avec la rivière juste à côté de nous. Les gens parlaient un petit peu, rigolaient en essayant de ne pas glisser sur le sol vu qu'on y voyait rien, et puis d'un coup on a commencé à lever la tête, et à les remarquer.
Toutes ces petites lumières, qui brillaient au plafond de la grotte, exactement comme un ciel très, très étoilé, et beaucoup plus proche que d'habitude. Et là, d'un coup, pendant un bon moment, il n'y a pas eu un bruit.

Après quelques minutes, je me suis enfin décidé à parler, mais tout ce que j'ai réussi à dire, c'était quelque chose comme "Waouh!" et "C'est trop joli!", ce qui premièrement fait part d'un cruel manque de vocabulaire, et deuxièmement est bien, bien en dessous de la vérité. Non, c'était pas "trop joli". C'était magique, merveilleux, presque irréel. Un de ces miracles de la nature, comme tout droit sorti d'un conte de fées. 

Ensuite, nous sommes montés dans un bateau, et nous avons navigué pendant quelques minutes dans les caves, uniquement à la lumières des glowworms. Ça a probablement été l'un des moments où j'ai été le plus détendue dans ma vie, tellement c'était hors du temps.


Malheureusement, il a bien fallu revenir à la réalité, et quitter les grottes après le tour en bateau. Encore une fois, je suis désolée, les photos ont beau être jolies, elles ne sont vraiment pas à la hauteur du lieu, à mon avis. 

Ensuite, nous avons repris notre chemin, direction Rotorua (à environ 2h de route). 


 Une fois arrivés sur Rotorua, nous avons commencé par faire un arrêt à Agrodome, une ferme qui propose des shows avec des moutons et des chiens de berger, et un tour des animaux de ferme. Je vous assure, c'est beaucoup mieux que ça en l'air raconté comme ça! 

En arrivant, on nous remet de magnifiques stickers verts (qui ne collaient pas plus que les autres), pour compléter nos jaunes de ce matin, puis on nous dit que la démonstration de tonte de mouton va bientôt commencer, et qu'en attendant, on peut aller voir les agneaux et les lapins dans la pièce d'à côté. Alors bon, vous avez tous déjà vu un lapin, donc je vais pas passer trois heures à vous parler du cycle du lapin comme je l'ai fait avec le glowworm. En plus, les lapins, ça a beau être tout doux, ça ne fait pas de lumière! 




Ensuite, nous avons le droit à une démonstration de tonte de mouton, donc. Le plus drôle, c'est le moment ou le mouton entre dans la pièce. Parce que sachant ce qui l'attend, quand il arrive, le pauvre essaye de s'échapper en sautant, à un bon mètre de hauteur.
Sauf que visiblement, le petit monsieur qui nous faisait la démo savait à quoi s'en tenir, et il a attrapé le mouton en vol, lui a bloqué les quatre pattes, l'a assis par terre, et a passé le reste de la démo à mettre le mouton dans des positions plus improbables les unes que les autres pour pouvoir le tondre partout sans qu'il n'ait jamais aucune patte en contact avec le sol. Tout un art.
Le plus drôle, c'est que les moutons, ils ont des réflexes bizarres : une fois ses pattes plus au sol, il s'est complètement bloqué, et a arrêté de se débattre, comme si il était ligoté ou je ne sais quoi. Il était complètement perdu, le pauvre. C'est pas très malin, un mouton.

Ce qui était intéressant aussi, c'est l'homme d'affaire japonais qui était assis derrière nous, avec tout son accompagnement, incluant traducteurs, photographes et caméraman. Pourquoi un homme d'affaires japonais voudrait se faire photographier en train de regarder un type qui tond un mouton dans une ferme à Rotorua, ça, par contre, ça reste un mystère! 
 

Ensuite, il y a eu une démonstration des chiens de bergers en action. J'appréhendais un peu que le chien morde les moutons, parce que dans ma tête les animaux sortent tous de films Disney et chantent et dansent sur des numéros dignes de Broadway pour célébrer leur amitié, et donc ne se mordent pas entre eux, mais en fait personne n'a mordu personne (bon, il y a pas eu d'animaux dansants pour autant).
Ce chien appartient à une race qui n'aboit pas, ne grogne pas, ne fait pas un bruit. Tout passe par les yeux. C'est uniquement le regard du chien qui fait bouger les moutons, et c'est assez impressionnant à regarder. Le maître contrôle son chien au millimètre près, et le chien contrôle les moutons, et les fait passer sur un pont, s'arrêter près des visiteurs, et cracher des flammes (un intrus s'est caché parmi les propositions précédentes, saura-tu le retrouver?). 



Ensuite, nous sommes partis faire un tour dans la ferme, pour nourrir les animaux. Et c'est bizarre, en écrivant cette phrase, j'ai l'impression d'avoir 4 ans et de raconter la dernière sortie de ma classe de moyenne section.

On a commencé par du basique, du doux, du mignon, du mouton! L'avantage de nourrir un mouton, c'est qu'une fois que tu as la main bien crade parce qu'il t'as bavé partout dessus, tu peux t'essuyer sur la laine du mouton, et t'as plus rien! C'est comme avoir un torchon intégré! Bon, par contre le désinfectant n'est pas inclus. Et puis, comme je le disais tout à l'heure, le mouton n'est pas très malin, donc il a tendance a suivre partout n'importe quelle personne qui se promène avec quoique ce soit ressemblant de près ou de loin à de la nourriture. On peut donc se sentir vaguement agressé par ces espèces de peluches vivantes.


Après, et c'est là que ça commence à devenir original, on a donné à mangé à des cerfs (j'ai retrouvé Bambi!!!!!!), 


A des vaches mieux coiffées que moi,


Et... A des autruches. Vous ne le savez sans doute pas, mais les autruches, ça me terrifie. J'ai toujours pensé que le regard d'autruche, c'était le meilleur regard de psychopathe de tous les temps. A tel point que tous les acteurs devraient s'en inspirer. C'est vrai quoi, normalement j'aime tous les animaux, mais les autruches, je peux pas. On dirait un dessin d'un enfant sous crack qui aurait essayé de mélanger plusieurs animaux ensemble, avec des proportions différentes en plus, mais qui n'aurait pas réussi, sauf que le dessin aurait prit vie. Ca parait idiot, parce qu'en plus une autruche ça doit être plutôt peureux, mais dans ma tête c'est le mal incarné (https://www.google.fr/images/autruche, sérieusement, y a qu'à moi que ça fait peur?)

Alors quand le monsieur a arrêté la voiture à côté des autruches, et qu'il a commencé à distribuer des graines pour les nourrir, moi j'avais déjà fait trois pas en arrière en me disant qu'il était hors de question que je me rapproche. Sauf qu'il m'a quand même mis des graines dans la main, et que par je ne sais quel miracle j'ai décidé que j'allais nourrir cette ***** d'autruche. Je vous écris donc uniquement avec ma main gauche, après m'être fait arracher la droite par un bec acéré... Non, je déconne. J'ai survécu, et mes mains aussi. Je ne recommencerai jamais, sous aucun prétexte, mais au moins je l'ai fait une fois.
Bref, tout ça pour dire que ça ne se voit peut-être pas, mais sur la photo d'en dessous je suis absolument terrifiée, et ma seule pensée c'est quelque chose comme "au moindre mouvement suspect, je jette les graines le plus loin possible pour faire diversion et je m'enfuis en courant". Quel plan d'attaque!



Ensuite, nous avons quitté Agrodome, et nous nous sommes rendus dans la reconstitution d'un village maori, Te Puia.

La visite a commencé par le choix d'un chef de clan parmi tous les visiteurs du site, et la cérémonie de bienvenue maorie traditionnelle. Cette cérémonie implique une chanson, des paroles en maori que j'ai pas compris, des guerriers derrière qui font des mouvements avec leurs lances, un guerrier qui part à la rencontre du chef en faisant une succession de pas et de petits sauts surement très précise mais qui avait l'air un peu bordélique, des bruits bizarres, des tirages de langues, des bisous d'esquimaux sur le front et une fougère. Le tout à remettre dans le bon ordre. Si c'est pas clair, je vous ai trouvé une vidéo sur Youtube, ça sera peut-être mieux.




Ensuite, nous avons eu un petit spectacle de chants et danses traditionnels, notamment une chanson sur la version maorie de "Roméo et Juliette", avec Tutanekai dans le rôle de Roméo et Hinemoa dans celui de Juliette, à la seule différence qu'ici, personne ne meurt à la fin. 



Et puis, comme aucun spectacle maori n'est complet sans une démonstration de Haka, nous l'avons eu, d'abord uniquement avec les acteurs du spectacle, puis avec les hommes du public également (parce que les femmes ne sont pas autorisées à le faire). Mais y a pas à dire, c'est une vocation, tout le monde n'a pas vraiment le même air flippant.





Ensuite, une fois le spectacle terminé, nous avons fait le tour de la reconstitution d'un village maori, dont le nom est écrit sur la photo juste en dessous. Oui, des fois je veux bien faire un effort, des fois, c'est drôle d'écrire des noms maoris que personne ne sait comment prononcer, mais à un moment, faut pas pousser le bouchon trop loin, Maurice. 




Enfin, le tour du village s'est achevé par la découverte des mud pools et du geyser Pohutu, soit-disant célèbre dans le monde entier (ou alors juste world-famous in New-Zealand, comme ils disent ici). L'activité du geyser est entièrement naturelle, les propriétaires du parc n'ont aucune action là-dessus. On voit plus de fumée que de geyser à proprement parler sur les photos que j'ai, mais il était bien là, et je me suis même pris de l'eau sur la figure. Ca avait un petit côté Yellowstone version low-cost assez rigolo. 





Après cette journée bien chargée, nous sommes arrivées à l'hôtel à Rotorua, pour recharger les batteries et être prêtes pour demain!

Avec un peu de chance, je réussirai à finir tous mes articles avant d'arriver en France. Avec un peu de chance et surtout avec beaucoup de motivation!

Quoiqu'il en soit, je vous fais de gros bisous et je vous dis à très bientôt,

Coink'



"Aimer, c’est risquer le rejet. Vivre, c’est risquer de mourir. Espérer, c’est risquer le désespoir. Essayer, c’est risquer l’échec. Risquer  est une nécessité. Seul celui qui ose risquer est vraiment libre"
- Paolo Coelho

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